jeu.
21
mai
2009
Une école de commerce, ça trompe énormément
Comme je vous l'ai dit, je vais (enfin !) bientôt finir ma scolarité et clore d'une part mes quasi 22 ans de scolarité (et oui, je les fais pas mais bon, que voulez-vous, le temps passe) ainsi que les trois années que j'ai passées dans une école de commerce. J'aurais bien le temps de vous expliquer d'ici quelques mois, comment se sont déroulés ces trois années, mais pour l'heure, je voudrais revenir sur ce qu'est une école de commerce, quel est son but et comment cela fonctionne. Je ne vais pas refaire le petit Robert ou le grand Larousse, juste partager ce que pourrait être ma définition d'une école de commerce, avec le côté paillette et la face obscure. Les généralités que je suis susceptible d'employer n'engagent que moi, même si elles ne me semblent pas tout à fait fausses.
Tout d'abord, une école de commerce, c'est merveilleux.
Une école de commerce, ça donne un emploi. C'est une école qui fait partie des rares voies, qui
peuvent être encore nommées « voie royale ». Alors voie royale vers quoi, vers l'emploi bien évidemment ! Et dans le contexte actuel, ce n'est pas négligeable. Avec en plus, les universités qui sont
dans la tourmente, bloquées par de dangereux gauchistes, le choix pour assurer son avenir est vite fait. Mieux vaut faire partie de l'élite, ça rassure.
Une école de commerce, ça dispense un enseignement de qualité. Une école de commerce est payante. Les frais de scolarité sont minimes, environ
8000€ par an sur trois ans, et avec ce pactole, ladite école peut se permettre de faire venir des intervenants du secteur privé, ayant l'expérience du travail. Rappelons que le secteur public n'est
pas habilité à représenter le monde du travail. Ils nous font partager leur expérience enrichissante, les situations qu'ils ont vécues, et ça, ça n'a pas de prix.
Une école de commerce, ça rend intéressant. Nous rentrons tout innocent des réalités du monde de l'entreprise. Nous sortons aguerris, complètement aptes à remplir les
fonctions de directions qui nous seront confiées. Notre vision du monde est élargie pour être ouvert à tout ce que nous rencontrerons dans notre vie de businessman/woman.
Mais au bout de trois ans, on se rend compte qu'une école de commerce, ce n'est pas que ça.
Une école de commerce, c'est une voie
parmi d'autres. Une promo, c'est environ 500 étudiants. Il y a une quinzaine d'écoles de commerce. Après un savant calcul tiré d'algorithmes ultra perfectionnés, nous pouvons dire qu'il
y a chaque année, 7500 étudiants d'école de commerce qui entrent sur le marché du travail. Une première compétition s'organise. Dans l'optique complètement irréaliste où certains étudiants de l'année
précédente n'aient pas trouvé leur "job de rêve", une nouvelle couche s'ajoute. Puis, d'autres formations, à ne pas snober, forment aussi des étudiants qui prétendent pompeusement aux mêmes postes
que NOUS! Sans compter que pour un simple stage, aujourd'hui, quelques entreprises n'hésitent pas à nous demander deux ans d'expérience, la formule magique vers l'emploi a du plomb dans l'aile.
Une école de commerce, c'est une entreprise. En soi, rien de mal. Le problème de cette entreprise là est que son cœur de métier, l'enseignement, est très ciblé: le management. Le management ou, en simplifiant, comment gérer ... une entreprise. Et ce qu'il y a de bien quand le sens critique nous revient, c'est que nous pouvons appliquer nos cours à l'entreprise qui nous est le plus proche, notre école. Et là, soit notre entreprise fétiche applique mal les techniques de requin qu'elle nous dispense, soit elle applique mal les quelques bribes d'éthiques qu'elle nous distille. [En langage positif, cela aurait pu donner: soit elle applique bien les quelques bribes d'éthiques qu'elle nous distille mais l'efficacité n'est pas toujours au rendez-vous, soit elle applique bien les techniques de requin qu'elle nous dispense, et la morale, connaît pô]
Une école de commerce, c'est décriée. Osez dire à une personne lambda - je dirais presque de la France d'en bas,tant qu'à plonger tête baissée dans les idées préconçues - que vous avez fait une école de commerce et vous êtes presque responsables de la crise financière actuelle. Mais si vous faites du marketing? Et bien, vous êtes Mr blabla, dans les RH, celui qui vire les pauvres salariés, etc, etc... ça, c'est pour le fond, parce qu'il y a de quoi toucher le fond! Si les formes sont mises, la personne lambda vous assimilera en plus à un fils ou fille à papa, plein aux as, et individualiste. La part d'étudiants qui sont dans le besoin dans ce genre d'institution est, il est vrai, fort basse. Mais comme la généralisation est plus aisée, laissons-nous aller.
Je n'avais pas l'intention de cracher dans la soupe et ne pense pas l'avoir fait - comme peuvent le dire les staracadémiciens assumant leur présence dans l'émission mais voulant s'en détacher pour le bien de leur image. Il faut seulement être conscient du fonctionnement de l'institution. J'aurais passé dans l'école dans laquelle je suis trois années agréables à différents égards et je ne regrette absolument pas. En résumé, nous ressortons d'une école de commerce comme nous y sommes entrés, en plus aboutis, con-vaincus.
avenir f.loo






