jeu.
04
juin
2009
Bip…Bip…Bip…Bip : Encéphalogramme plat
La campagne européenne, nous l'avons vu, n'est pas folichonne. Il faut dire que personne ne met du sien pour la rendre intéressante. Pour s'en convaincre, il suffit de voir les sondages, pas seulement de les voir comme on nous l'expose, mais de les regarder, entre les lignes ou plus justement entre les courbes.
Depuis que les sondages pour cette
campagne ont commencé - l'IFOP ayant distillé ses premiers résultats dès le 13 février - ils n'ont quasiment pas varié : l'UMP en tête, le PS derrière, suivi du Modem, d'Europe Ecologie, le FN, et
les formations de la « gauche de la gauche » pour être politiquement correct se croisent et enfin les listes marginales du style Libertas de Philippe de Villiers et Frédéric Nihous ou du
rassemblement écologique de Francis Lalanne.
Le merveilleux - ou l'étrange, c'est selon - réside dans la capacité dont les différents intéressés, au sens propre, peuvent interpréter cette « information ». Que ce soit les partis politiques ou les journalistes, chacun y va de son commentaire. Pour lefigaro.fr, l'UMP devance largement ses concurrents depuis le début des hostilités. Chaque 0,5 points de gagné ou de perdu est analysé pour arriver au même résultat. Le PS (dis)simule son échec annoncé par l'addition des voix de gauches, un « score sans précédent ».
L'abstention apparaît seulement en un deuxième temps. On a eu le temps de se gargariser, de faire marcher l'imagination, même si les courbes sont les mêmes depuis
quatre mois ! Et aujourd'hui, LE phénomène : sur un institut de sondage, Europe Ecologie passe devant le Modem dans un écart de point qui est bien inférieur à la marge d'erreur dont personne ne parle
jamais. Alors là, ça fabrique du papier, et à la chaîne ! Comme la mémoire collective est courte - il n'est
pas bon de la faire ressurgir - et surtout que ça nourrit une pappardelle de gratte-papier qui ne soutient pas la courbe du chômage vers les cimes, je ne dirais rien de plus. Juste mon
étonnement.
Plutôt que de commenter les chiffres en eux-mêmes, l'absence d'évolutions sur le long terme montre à lui seul - l'abstention annoncée aussi - l'absence d'intérêt pour cette campagne, l'absence d'enjeux, l'absence d'explication. Comme s'il fallait se le prouver, tout le monde s'en fout. Mais tout le monde en parle.
Heureusement, nous avions la mention du monde.fr « Certes, ces chiffres sont à prendre avec précaution, en raison notamment du toujours faible intérêt des électeurs pour ce scrutin ».
f.loo si toi hyenne moyen
Sources:
lemonde.fr, lefigaro.fr, csa.fr






