sam.

06

juin

2009

Booky: Abus de pouvoir

abus de pouvoir françois bayrou

Encore un essai politique ! Je vous avais prévenu. Et deux livres de deux représentants du Modem en un mois, vous allez penser que c'est trop ou que je suis fan. Certes, c'est beaucoup et certes j'apprécie ce mouvement. Cependant, les raisons qui m'ont poussé à lire ces deux livres sont très différentes. Vivre Autrement de Corinne Lepage est un livre sur l'avenir, sur la possibilité de construire un autre monde fondé sur le respect de l'environnement, des populations actuelles et des générations futures. J'ai beaucoup apprécié cet ouvrage. En ce qui concerne celui de François Bayrou, Abus de pouvoir, il s'agit à la fois de curiosité - mal placée - et d'intérêt.

 

Nous voyons tous, le combat quotidien du Président du Modem contre le Président de la République. Nous pouvons penser qu'il est excessif, qu'il s'agit d'une stratégie électoraliste mais il y a tout de même des portes qu'il entrouvre qui devraient susciter l'interrogation chez le citoyen qui sommeille, et le mot est faible, en nous. Alors je voulais savoir quels éléments, quelles théories ce 3e homme allait présenter. Ce livre avait fait un mini scandale, avant même de sortir, après sa sortie, il avait été qualifié de pamphlet et de livre-brûlot. Il y a en effet une critique du pouvoir en place, cependant le ton n'est pas virulent. Les journalistes, peut être habitués aux fausses dénonciations, aux commentaires lisses se font un monde d'une critique étayée.

 

Pour couper court à tout suspense, si suspense il y avait, l'essai est, selon moi, très réussi :
- la critique du modèle sarkozyste actuel est une explication de texte, documentée par rapport à une vision, celle de F. Bayrou, à laquelle nous pouvons adhérer ou pas.
- les arguments sont pesés, nuancés, les preuves, si besoin, référencées.
- l'écriture est bien maîtrisée, alliant un langage familier, tantôt de d'jeun's, tantôt de terroir, et un langage très soutenu, les mots sont pesés et leurs sens décortiqués afin d'éviter la méprise.

 

F. Bayrou présente son modèle de société, l'idée qu'il se fait de la France, et en quoi le pouvoir actuel est en opposition complète avec lui. Je trouve qu'après lecture, il est plus facile de comprendre pourquoi sa critique semble systématique. Pour lui, les valeurs, les symboles, les idées qui forgent la France, et par extension l'Europe sont plus importants que les programmes. Un système se met en place depuis quelques temps qui détournerait la France de ses idéaux. Chaque chapitre est une caractéristique du nouveau pouvoir décrite au travers de faits précis et l'étonnement voire le dépit guette à chaque nouvelle page.

 

La volonté commune de C. Lepage comme de F. Bayrou de remettre l'argent à la place qui est la sienne, je dirais plutôt de l'enlever de celle qui n'est pas la sienne, la première place, est une vision qui peut ne pas être partagée mais qui me séduit et qui est assez bien soutenu dans ces deux essais/ouvrages. Si Nicolas Sarkozy a bien fait en ne réagissant pas à ce livre - sa réponse se limitant à « Il faut toujours accepter la critique » - afin de ne pas se flinguer lui-même, la sortie de ce livre juste avant les élections européennes était un joli coup à la fois pour le Modem et pour F. Bayrou. En effet, le livre a permis une visibilité au parti et inversement.

 

Les critiques négatives de ce livre s'orientent essentiellement vers l'absence de propositions. Pourtant ce n'était pas l'objet du livre. Il donne des pistes, et pourrait éventuellement faire l'objet d'une suite. Mais le livre de C. Lepage qui est relativement en phase avec celui-ci est une piste plus qu'intéressante de programme. Le reproche d' « obsession de la critique » envers N. Sarkozy n'est pas non plus recevable, puisque cette pseudo obsession est principalement une critique du système et non de la personne, et qu'elle est développée et justifiée.

 

A suivre donc de près l'évolution du modèle, de l'exception française et confirmer ou infirmer les dires de M. Bayrou.

 

f.loo (dés)abusé

 

Les références qui ont fait mouche:

 

Montesquieu : "Il faut être attentif à ne point changer l'esprit général d'une nation."

 

Hanna Arrendt : "La clé de la responsabilité, c'est la conscience. Et la conscience, le lent travail de conscience ne se construit pas sans information."

 

"Ainsi de degré en degré descend la république."

 

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