La fête des mères. Encore un truc à célébrer ! Ça me semble un brin plus important que la fête des voisins, mais quand même. Faudrait la fêter tous les jours.
Avec ma mère, nous nous accrochons de temps en temps, mais nous nous aimons plus que tout au monde. Je pense que parfois elle peut en douter. C'est tellement plus facile de dire « je t'aime »
derrière un écran alors j'en profite. Je ne lui dis pas souvent et je suis assez dur avec elle. J'imagine que les gens avec lesquels nous avons une relation forte connaissent ce lien et n'ont pas
besoin de démonstration. C'est apparemment faux. Je ne sais pas si ça me désole parce que j'aurais espéré ce lien ou parce que cela m'aurait évité de m'exprimer sur ces sujets, toujours est-il que ça
me désole. Je pense être dur surtout parce que je suis plus exigeant avec elle qu'avec n'importe qui d'autres. Ma mère est parfaite, voyons, c'est ma mère ! Et je lui impose implicitement,
inconsciemment d'être la meilleure des mères. Sans faux-pas possible. Je m'en rends compte mais je ne trouve pas d'autres façons d'être son fils. Je ne trouve pas non plus que ce soit la pire.
Pendant toute mon enfance, la plus tendre comme on a l'habitude de l'entendre comme si après nous n'étions plus tendres, elle m'a supporté (au sens de soutenir bien entendu !), m'a porté, a essayé de
me préserver des peurs, des dangers du monde extérieur, qu'elle connaissait, qu'elle avait vécu ou subi. Elle a sûrement fait des erreurs, je lui ai sûrement et finement fait remarquer. Peu à peu,
c'est à moi à la supporter, la porter et la protéger. Parce que le monde actuel commence à être le mien, celui de ma génération, parce qu'elle n'était pas certaine de toutes les certitudes qu'elle
voulait me transmettre mais qu'il a fallu le faire, parce qu'elle a pris des coups pour me faire avancer. Ma mère a eu cet instinct de mère. Je n'avais pas demandé à être là, je ne le désire pas plus
maintenant que j'y suis, il y a sans doute un peu d'égoïsme à faire des enfants, mais dans cette mission naturelle à laquelle je succomberais probablement aussi, elle a fait du mieux qu'elle
pouvait.
Pour la fête des mères, comment fêter dignement cette femme ? Peut être en rendant un peu de l'amour que nous avons reçu au cours des premières années de nos vies, les plus importantes, tel un prêt à
vie que nous avons fait pour pouvoir nous construire. La preuve de ce dévouement est la réponse à la question que je lui ai posée pour savoir ce qu'elle désirait comme cadeau pour la fête des mères :
rien ! Ce ne sera pas le cas.
f.loo declarative






