mar.
09
juin
2009
Je suis dysmorphophobe!
Les yeux revolver
J'avais dit que je ne pensais pas trop parler de moi mais finalement heureusement que j'ai fait une rubrique pour mes réflexions-problèmes personnels ! Il doit y avoir une once d'ego en moi et pourquoi pas de narcissisme. L'ego, ce serait la représentation que je me fais de moi-même : de très bas niveau, mais pas assez bas pour qu'il n'y ait pas d'amour-propre. Alors j'étale ma vie comme tant de gens que je fustige le font. Marc Dugain a parfaitement dessiné les traits de ces psychoses actuelles, en faisant dire à un personnage de son dernier livre, "je suis toujours fasciné de voir avec quelle précipitation les gens étalent leur vie comme si elle avait un intérêt, ce qui est rarement le cas". Je pourrais rajouter, en gardant la même source d'inspiration (pas de moqueries! je fais avec ce que j'ai...), que "ne pas s'aimer, c'est déjà faire beaucoup cas de soi".
Aujourd'hui, je viens d'entendre à la radio un mot qui m'a interpellé : la dysmorphophobie. Il s'agit de « la crainte obsédante (à tort ou à raison) d'être laid ou mal formé ». A la radio, la spécialiste du sujet - je ne sais pas si ses attributs lui permettaient de parler en connaissance de cause - a évoqué ainsi le sujet : « ce sont des personnes qui ne supportent pas leur reflet dans le miroir alors qu'elles n'ont pas de soucis - physiques - majeurs ».
Je me suis, prétentieusement, senti concerné ! Concerné parce que je ne me supporte pas dans le miroir, prétentieusement parce que je présuppose que mes soucis physiques seraient imaginaires. En effet, il est un peu contradictoire de proclamer cette maladie et de l'avoir vraiment. Je caricature et ne pense pas être réellement atteint pourtant, je me sens proche de cette affection des temps modernes. Après le choc de la dénomination, j'avais le sentiment que l'explication de texte collait à mes ressentis. Vous l'aurez compris, tout ça est histoire de subjectif, sentiment, ressentis,... Je ne sais pas si je me suis soigné, ou si je supporte. Certains moments sont plus durs à vivre que d'autres. Mais ce qui est vraiment dur, c'est d'avoir ce genre de considérations, ces maux de pays riches, qui ne servent qu'à occuper nos esprits lorsque nous n'avons plus rien à penser. Alors non, je n'aime pas ma gueule, oui, ça me pose pas mal de problèmes, non, je n'arrive pas à l'évacuer même si j'essaie de me tolérer et oui, j'ai encore plus honte quand mon problème se confronte à d'autres réalités.
Lorsque quelqu'un a un souci, je tente de le faire relativiser - je lui dis « relativise ! » - et je le crois sincèrement. Je pense que ça me fait tenir et si c'est ma solution, ça doit/peut convenir à d'autres. Nous avons l'extraordinaire capacité de nous fabriquer des troubles dont nous cherchons nous-mêmes à guérir. Un cercle vertueux en somme. L'homme se nourrit de lui-même, et ce type d'obsession est le reflet négatif d'une névrose généralisée.
L'être rationnel que je suis pense - emploi de la 3e personne, attention, égocentrisme excessif en action - que la chirurgie esthétique évoquée comme un des symptômes de la dysmorphophobie lui sera bien utile, mais pas à son âge.
f.loo physiquement névrotique
Vous trouverez ici toute une thèse sur la dysmorphophobie pour les courageux intéressés.






