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23

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2009

Booky: La société d'indifférence

société d'indifférence alain gérard slama Publié en mars 2009

Voici deux passages de cet essai qui résument mieux que je ne pourrais le faire l'esprit du livre :

Le pourquoi ... « Ce livre est né d'une indignation que certains trouveront peut être excessive, parce que nous sommes entrés dans une époque où l'on ne croit plus guère aux principes »

... du comment : « Il aura suffi de quelques années pour défaire les barrières de la laïcité, de l'égalité de droit, et de la séparation des ordres que plusieurs siècles de réflexion classique avaient élevés contre les tentations normalisatrices des sociétés de masses. On est effrayé de constater avec quelle rapidité le modèle républicain a ainsi régressé dans les esprits. »

 

Ce livre m'a particulièrement marqué car mon état d'esprit actuel et ma réflexion du moment m'ont porté vers les mêmes constatations et les mêmes désolements. Bien entendu, je n'ai pas fait d'analyse aussi poussé et encore moins avec cette plume et ces références. Cependant, il reprend, sans en faire une affaire politique mais plutôt une critique sociologique, les thèses exposées dans les livres Abus de pouvoir de François Bayrou et Vivre Autrement de Corinne Lepage. Il fustige à la fois le court-termisme entrepreuneurial mis en œuvre aujourd'hui ainsi que le reniement culturel de la France et sa perte de valeurs.


« L'indifférence est la première marche qui mène à la destruction des valeurs essentielles de l'humanité » Angela Merkel


Au fil des pages, il dissèque et démontre de façon évidente ce qui me semblait se tramer sans pouvoir l'identifier clairement : les atteintes aux principes de laïcité, d'égalité, l'abandon de toute solidarité et fraternité dans la société, la sollicitation des intérêts particuliers aux détriments de l'intérêt commun, la légitimation de la transgression par le principe d'efficacité (ce qui reste à démontrer), etc...

 

Je me suis procuré ce livre uniquement parce que le titre, « société d'indifférence » me paraissait être un mal ancré dans notre époque mais je ne pensais pas que l'auteur définirait si bien et de façon si complète le ressenti qui m'habite depuis quelques années. En cette période de crise, l'exacerbation de ces phénomènes est indéniable (« L'ordre moral est la tentation de toutes les périodes de crises») et a tendance à enraciner cette situation oppressante.

 

« Pour que la loi soit perçues comme juste, elle doit répondre à 2 exigences : [...] d'être votée en conscience par des individus libérés de toutes appartenances [...] Que la loi s'applique également à chacun sans créer de statut particulier. » Rousseau

 

A mettre entre toutes les mains (et devant tous les yeux)!

 

f.loo populi

 

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