mar
30
jun
2009
L'art de la manipulation
...is wathcing you
Plusieurs évènements très distincts m'ont amené à faire un article sur la manipulation qui m'apparaît comme une conduite facile et répandue, un nouveau mode de vie.
Tout d'abord, les évènements qui ont conduit à la condamnation de la Scientologie. Cette « église », considérée comme une secte en France, a, pour la première fois, l'occasion d'être condamnée pour ses activités. Un temps devenue fréquentable avec l'accueil de la partie immergée de l'iceberg, Tom Cruise, par le Ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy à l'été 2004, la Scientologie est redevenue en ce début d'année 2009 une organisation à éviter. En effet, la justice française, qui avait été un peu timide jusqu'à présent, a vraiment pour intention de porter ce dossier à terme afin de définir si cette société (au sens entrepreneurial du terme) manipule ses membres ou pas. Le procès est en cours mais les processus de manipulation peuvent être identifiés : culpabilisation, utilisation de principes moraux pour assouvir ses besoins, mensonge, victimisation, et bien d'autres encore.
En un deuxième temps, j'ai eu un cours sur l'affirmation de soi. Un questionnaire nous était distribué pour savoir si nous étions plus manipulateur, affirmé, agressif ou fuyard. En être équilibré que je suis, j'avais presque autant de points pour chacun des items. Ce n'est pas forcément agréable d'être agressif, la fuite est honteuse, l'affirmation de soi est idéale mais pas forcément facile ou possible. La manipulation restait le comportement le plus acceptable pour les personnes en présence. Nous sommes tous convenus que nous étions des manipulateurs. En effet, c'est assez jouissif d'être celui ou celle qui contrôle, qui impose son rythme, qui décide de sa vie - ce qui paraît normal et sain - et de la vie des gens qui l'entourent - ce qui est moins sain. La manipulation est la facilité et même si je m'en sers par moment, je ne crois pas que cela doive devenir un mode de fonctionnement.
Enfin, ce qui m'a le plus interpellé, c'est la mise en avant de la manipulation dans un jeu de télé-réalité. Secret Story, pour ne pas le nommer. Alors, je vais perdre le temps nécessaire à vous convaincre que je ne suis pas adepte de l'émission, malgré une défense qui risque de passer rapidement à la trappe : j'ai regardé la première émission (et uniquement celle-là) un vendredi soir durant lequel j'étais tout seul chez moi, avec l'envie de ne rien faire, strictement rien, le vide. Alors je me suis mis devant la télévision et j'ai regardé. J'ai été servi ! Mais le plus étonnant, c'est l'apologie de la manipulation qui est faite dans cette émission. Je pensais qu'il fallait gentiment et naïvement ne pas faire découvrir son secret par des omissions volontaires. Mais de là à se proclamer le chantre de la manipulation, j'en suis resté coi. Parce que tous les candidats sont [persuadés d'être] LE meilleur manipulateur qui existe sur terre. C'est le but de l'émission, un encouragement à la manipulation continue. Déconcertant. A conseiller pour se vider la tête.
La manipulation, volonté de pouvoir, de contrôle est donc présente chez nous tous à des degrés différents. Un individu peut très bien vivre, s'épanouir en manipulant car il parviendra dans de nombreuses circonstances à arriver à ses fins, cependant, une société ne peut pas ériger en principe ce type de comportement, sous peine d'effondrement. Je partage la vision d'Alain-Gérard Slama dans sa « Société d'indifférence » selon laquelle les principes républicains sont actuellement menacés et je crois qu'il n'est pas souhaitable de favoriser ce type de direction. Chacun s'accommode de ses droits et voudrait s'affranchir de ses devoirs. Malgré cela les concessions faites pour vivre en société nous apportent plus (même individuellement) que l'esprit individualiste qui motive la manipulation.
f.loo le pantin






