Comment ? Pourquoi ? En quel état j’ère ?
dim.
21
juin
2009
A mon gros chat
Le fils du chat, c'est moi!
Fêtons, fêtons ! Après la fête des grands-mères en mars, la fête des mères le premier dimanche de juin, la famille s'agrandit avec la fête des pères
en ce troisième dimanche de juin - si c'est précis, j'apprécie. Mon ignorance allait même s'insurger contre l'absence de fête des grands-pères qui aurait engendré une inégalité insupportable, lorsque
je me suis rendu compte que celle-ci existait...depuis un an ! On n'arrête pas le progrès. Il faudrait un jour que je fasse un billet sur toutes ces fêtes qui nous empoisonnent et qui foisonnent
comme si nous n'étions pas capables de penser au moins un jour sur 365 à notre mère, père, grand-mère, grand-père - en ce qui concerne les voisins, je ne garanti
rien. Bientôt les cousins et les tantes, les filles et les neveux se rebelleront. Mais tel n'est pas le sujet et dans mon conformisme absolu, je vais faire ce que je crois bon de faire, c'est-à-dire
un article sur mon père.
J'y pense depuis la fête des mères. J'avais le syndrome « J'le fais, j'le fais pas ». Je m'explique : me posant toujours autant de questions, je pensais que si je le faisais, il y aurait une teinte
de déjà vu, de réchauffé par rapport à l'article sur ma mère qui a eu un effet dévastateur sur la boite de mouchoirs et donc qu'il ne serait pas sincère. Si je ne
le faisais pas, une pointe de jalousie pourrait poindre chez mon père. Ce n'est pas son genre - du moins avec moi - mais je me devais de répondre à la question « idiote » qu'on pose parfois aux
enfants : « Tu préfères ton père ou ta mère ? » à laquelle je rétorquais en élève modèle : « J'aime autant les deux ». Evidemment que mes relations avec mon père sont différentes de celles avec ma
mère. Cependant, il n'est pas imaginable de quantifier cet amour. Ils m'ont élevé ensemble et forment un tout : mes parents et l'amour que je leur porte est un. En conséquence, je ne pouvais éviter
de faire un article dédié à mon père. Yapluka !
Avec mon père, nous nous parlons très peu. Non pas par désintérêt, plutôt par pudeur. D'un coté, ça m'arrange, l'étalage de sentiments n'est pas mon truc, voire notre truc. Mais parfois ça manque. Au
fil des années, ma relation avec lui a doucement glissé. Je me sentais très éloigné de lui, j'étais à l'inverse très proche de ma mère. Il était là, en plus de nous, il était celui qui venait me
punir (classique !), celui qui haussait la voix, j'en avais peur parfois. Il jouait son rôle de père. Il a gardé son rôle de père, et moi, je le voyais différemment. Il devenait le père aimant,
attentif, soucieux de ce que je pourrais devenir. Il m'a transmis des valeurs, des savoir-être que je garderai toute ma vie et qu'un jour je transmettrai à mon tour. Il m'a donnée la direction et
même si parfois je me suis éloigné du chemin, je ne l'ai jamais vraiment quitté. Cette journée fête les pères, donc je m'y conforme mais je penserai à toi autant un 21 juin, qu'un 15 septembre ou un
3 février.
pater f.loo
dim.
07
juin
2009
Rose des vents, tu m’emportes, rose des sables, tu m’accapares, Rose, je t’aime !
La fête des mères. Encore un truc à célébrer ! Ça me semble un brin plus important que la fête des voisins, mais quand même. Faudrait la fêter tous les jours.
Avec ma mère, nous nous accrochons de temps en temps, mais nous nous aimons plus que tout au monde. Je pense que parfois elle peut en douter. C'est tellement plus facile de dire « je t'aime »
derrière un écran alors j'en profite. Je ne lui dis pas souvent et je suis assez dur avec elle. J'imagine que les gens avec lesquels nous avons une relation forte connaissent ce lien et n'ont pas
besoin de démonstration. C'est apparemment faux. Je ne sais pas si ça me désole parce que j'aurais espéré ce lien ou parce que cela m'aurait évité de m'exprimer sur ces sujets, toujours est-il que ça
me désole. Je pense être dur surtout parce que je suis plus exigeant avec elle qu'avec n'importe qui d'autres. Ma mère est parfaite, voyons, c'est ma mère ! Et je lui impose implicitement,
inconsciemment d'être la meilleure des mères. Sans faux-pas possible. Je m'en rends compte mais je ne trouve pas d'autres façons d'être son fils. Je ne trouve pas non plus que ce soit la pire.
Pendant toute mon enfance, la plus tendre comme on a l'habitude de l'entendre comme si après nous n'étions plus tendres, elle m'a supporté (au sens de soutenir bien entendu !), m'a porté, a essayé de
me préserver des peurs, des dangers du monde extérieur, qu'elle connaissait, qu'elle avait vécu ou subi. Elle a sûrement fait des erreurs, je lui ai sûrement et finement fait remarquer. Peu à peu,
c'est à moi à la supporter, la porter et la protéger. Parce que le monde actuel commence à être le mien, celui de ma génération, parce qu'elle n'était pas certaine de toutes les certitudes qu'elle
voulait me transmettre mais qu'il a fallu le faire, parce qu'elle a pris des coups pour me faire avancer. Ma mère a eu cet instinct de mère. Je n'avais pas demandé à être là, je ne le désire pas plus
maintenant que j'y suis, il y a sans doute un peu d'égoïsme à faire des enfants, mais dans cette mission naturelle à laquelle je succomberais probablement aussi, elle a fait du mieux qu'elle
pouvait.
Pour la fête des mères, comment fêter dignement cette femme ? Peut être en rendant un peu de l'amour que nous avons reçu au cours des premières années de nos vies, les plus importantes, tel un prêt à
vie que nous avons fait pour pouvoir nous construire. La preuve de ce dévouement est la réponse à la question que je lui ai posée pour savoir ce qu'elle désirait comme cadeau pour la fête des mères :
rien ! Ce ne sera pas le cas.
f.loo declarative
jeu.
04
juin
2009
Eloge de l'inefficacité laborieuse
La vie professionnelle n'est pas un long fleuve tranquille. Malgré ma [très] jeune expérience, un dur constat s'impose à moi : la vie de bureau n'est pas si « tranquille » que prévue. Non pas que j'aie choisi un emploi « le cul sur une chaise », comme dirait mon grand-père, pour une tranquillité supposée, mais plutôt parce que mon cerveau, bien que limité, était beaucoup plus développé que mon physique. Si je visais la tranquillité, j'aurais été fonctionnaire ! - « Et voilà, le préjugé ! » - A l'inverse de beaucoup de stagiaires dans mon genre, mon problème est l'inactivité voire l'activité inutile. Elle n'est pas chronique mais quand elle s'impose à moi, cela me dérange. Cette capacité qu'ont les grosses structures à générer du travail inutile est incroyable. Alors, oui je suis jeune, oui je n'ai pas beaucoup d'expérience (et j'y reviendrais, une plainte à la fois, comme à la Sécu), et forcément, il y a une raison qui m'échappe. Mais aujourd'hui, faire subir un ennui collectif à un service entier par une absence d'activité, du moins constructive, efficace et utile, ne fait pas parti des moments tranquilles de mon travail.
L'après-midi que je viens de passer est digne d'un éloge de l'inefficacité, d'une chronique de l'ennui : un service entier en visioconférence avec l'autre bout de la France pour rentrer pendant deux heures des chiffres pseudo-qualitatifs dans un tableau excel. Je vois bien les jaloux qui se demandent dans quelle branche je pourrais travailler pour subir des après-midi aussi passionnantes. Ce n'est heureusement pas mon lot quotidien mais en général, je préfère avoir (un peu) trop de boulot que pas assez.
Et puis le service est vraiment très sympa depuis que je suis arrivé. Je ne devrais pas avoir de raison de me plaindre. Mais je suis français après tout ! J'ai essayé, modestement, avec ma voix de stagiaire, de dire, sans froisser, que le travail que nous faisions pourrait au minimum être plus rapide. Oulala, qui suis-je pour bousculer une institution pareille qui fonctionne comme ça depuis des années ! Et encore je ne me suis pas attaqué à l'administration... Inefficace, cela signifie que ça ne produit pas l'effet attendu, que les résultats ne sont pas performants. Mon problème était surtout le manque de réactivité de mes supérieurs. La fougue de la jeunesse ! Si seulement ce temps (long !) aboutissait à une réflexion, je ne serais pas contre. Si seulement,... Quand le manque d'intérêt m'a gagné, l'ennui s'est installé, j'ai été totalement anesthésié.
Bientôt je vais quitter cette entreprise alors, même si ce n'est pas mon genre, je me tais et j'attends. Quand je serais parti, je pourrais sans problème être responsable de certains mauvais résultats du service, et de la crise aussi.
f.loo responsable en chef
mar.
26
mai
2009
Bonne fête à celui qui passe l'aspirateur à 8h du matin le samedi
J'ai toujours préféré aux voisins mes voisines... Nous y sommes ! Il fallait combler l'inacceptable différence d'appréciation entre mes voisins et mes voisines. Et de là, est née cette fête. Une bonne idée, cela dit.
UN jour réservé pour que nous nous retrouvions. Se voir dans l'escalier, en coup de vent, ce n'était plus suffisant. Et puis, timides comme nous sommes, nous n'avions pas osé l'organiser cette fête entre voisins. A moins que mes voisins, je ne puisse pas les voir, les sentir, les supporter. Parce que ma France, instigatrice du projet, est aussi le pays qui diffuse des émissions dans lesquelles les empoignades [ridicules mais sincères] entre voisins trouvent leur succès.
Alors pourquoi cette fête qui fait des émules jusqu'au niveau européen ? Pour rompre l'isolement, pour créer un sentiment d'appartenance au quartier ! En substance, je préfère ma sœur à ma cousine, ma cousine à ma voisine, ma voisine à ... Ça me rappelle quelque chose. Le sentiment est louable mais cette initiative fait très « vieille France ».
Nous avons sans doute plus de points communs avec des personnes très éloignés plutôt qu'avec nos voisins et les nouvelles technologies nous permettent de nous affranchir de ces distances pour rencontrer ceux-là. Il n'est pas désagréable d'avoir une bonne entente avec ses voisins : personnellement, j'apprécie pouvoir aller demander de la farine, un œuf à ma voisine (que je préfère, ne l'oublions pas !) et je lui rends la pareille. Mais je ne veux pas forcément faire une grande bouffe avec tous mes voisins.
Certaines catégories de la population, certains personnages sont assez malmenés par les croyances populaires. C'est le cas pour les voisins dans de nombreux cas. Mais c'est aussi le cas des belles-mères ! Une idée lumineuse me vient : il faudrait faire une fête des belles-mères.
Ce nid de commérage pourra gausser sur mon absence, je n'irais pas.
f.loo de sa France
jeu.
14
mai
2009
La France n'aime pas ses jeunes
la délinquance commence là où on ne l'attend pas
« Un sondage réalisé fin avril sur Internet par Audirep, auprès d'un panel représentatif de 1000 personnes, pour l'Association de la fondation étudiante pour la ville (AFEV) » montre que les jeunes sont, pour 70% des interrogés, individualistes, pour 59% intolérants, pour 51% pas solidaires, ou pour 52% pas prêts à s’engager dans des causes utiles à la société.
Ce genre de sondage me semble vraiment immonde, proche d’un certain racisme. Le prochain à paraître : Comment sont perçus les arabes ? A 51% voleurs. Les italiens : à 62% menteurs et j’en passe et des meilleurs. Ces résultats m'ont choqué dans un premier temps mais je trouve qu'ils reflètent assez bien l'état d'esprit de ce pays.
Bien entendu, nous vivons depuis 2002, dans une société sécuritaire qui favorise la peur, la crainte de l'autre, de celui qui est différent, celui qui est potentiellement une source de nuisance avant même d’avoir causé ladite nuisance. Alors pour sûr, le jeune, comme on a pu le moquer dans une certaine publicité pour nos chers postiers, est potentiellement une source de nuisance. Et depuis les émeutes de 2005, j’enlèverais même le « potentiellement ».
Je me suis senti visé par ce sondage, étant donné que je suis dans la tranche d’âge citée. Mais il me semble que les premiers visés sont nos parents, ou plus généralement la génération précédant cette jeunesse. Puisqu’ils ont conçu ce monde qui nous a fait devenir ce que nous sommes et qu’ils fustigent. Puisqu’ils nous ont eux-mêmes conçus et éduqués ou non.
Alors éventuellement, on pourrait leur dire qu’il ne faut pas se juger si sévèrement, parce qu’ils nous font du mal, une fois de plus, parce qu’ils se font du mal, responsables de nombreux maux d’aujourd’hui, ils n’arrivent pas à se pardonner à eux-mêmes. Nous, les jeunes, je propose que, dans notre grande mansuétude, nous les pardonnons de continuer encore et toujours à nous tirer vers le bas. Je me doute bien que ce petit billet anti-adultes/vieux/ce-que-vous-voulez parait un peu biaisé lorsque j’assène mes généralités. Vous, les personnes non-jeunes, saurez à ce moment là ce que ça fait d’être à X% inutiles à la société, à Y% centrés sur vos petits soucis sans penser à l’avenir et aux générations futures, ou à Z% antipathiques et acariâtres.
S’il vous plait, que personne ne dise : « il faudrait une bonne guerre ». C’est typiquement le genre de raisonnement que renvoie ce sondage. Nous n’en voulons pas, nous pouvons « être » sans ça. Ça fait appel à d’autres mécanismes afin de se construire mais nous ne serons pas moins bons, moins courageux, ou moins intelligents.
On dirait aussi un père qui dit à son fils qu’il est un bon à rien. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne. Ah j’allais oublier, comment puis-je savoir comment ça fonctionne, puisque je suis un jeune.
Une société qui dénigre comme cela sa jeunesse ne peut pas aller bien loin. C’est tellement dommage de se condamner d’avance. Nous, les jeunes, nous aurons cette épreuve de plus à surmonter. Vous ne nous facilitez pas la tâche mais nous ferons le monde que vous n’avez pas su faire, ce pourquoi vous nous accablez.
Je ne retrouve pas le site où j’avais vu cette citation qui me paraît assez juste: « les jeunes cons d’aujourd’hui feront les vieux cons de demain ». Espérons qu’on ne fasse pas les mêmes erreurs.
f.loo
(Source : lepost.fr ; lemonde.fr)





