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lun.

06

juil.

2009

Booky: Chagrin d'école

Chagrin d'école Daniel Pennac

Un livre sur l'école, pourquoi pas ? Mais sans plus. Jusqu'à ce qu'une de mes amis fasse sienne une citation du livre complètement exquise. S'ensuit tout un plaidoyer pour le dit bouquin qui, selon elle, était vraiment très bon. J'étais en recherche d'un roman. L'offre a rencontré la demande, je me le suis procuré. Et je n'ai pas regretté. Je suis très vite « entré » dans le livre.


Daniel Pennac y raconte son enfance, sa scolarité marquée d'échecs successifs et continus. C'est touchant, plein de bons sentiments, mais le propos fait mouche surtout dans l'époque actuelle où l'échec est banni. Prôné par les plus hautes instances du pays, la méritocratie interdit toute forme de déconvenues dues uniquement à la volonté individuelle. Alors que pour l'auteur, cette barrière à la réussite, ce fossé qui le sépare des « bons » élèves est tout simplement infranchissable. La perversité du système veut que par la suite, sa propre incapacité devienne son trait de caractère immuable, une caractéristique qui le définisse.

 

« La plupart se font de l'avenir une représentation qui est une projection du présent sur la toile obsédante du futur. Le futur comme un mur où seraient projetées les images démesurément agrandies d'un présent sans espoir, la voilà la grande peur des mères. »

 

Un livre sur l'avenir, dans lequel l'auteur passe rapidement sur les « mauvais » élèves qu'il a rencontré en étant enseignant plutôt que de s'attarder sur son expérience d'enfant. Il est là, il nous raconte, il nous parle directement de sa façon de ne pas les laisser tomber. Il explique les rouages de l'éducation nationale, les désillusions, les difficultés en tant que professeur, il admet que ces propos peuvent sembler naïfs mais pense que c'est une réelle piste.

 

Il raconte son ascension, si on peut qualifier ainsi son parcours de « raté » à enseignant et écrivain reconnu. Tout cela avec beaucoup d'humour, de recul, et de tendresse. Preuve en est cette réflexion que nous avons aussi pu avoir durant notre scolarité mais que nous ne pouvons jamais vraiment dire, il s'agit de la citation que mon amie avait mise en statut Facebook :

 

« Monsieur, j'ai consacré hier 2h à ne pas faire votre devoir. Non, non j en ‘ai pas fait autre chose, je me suis assis à ma table de travail, j'ai sorti mon cahier de texte, j'ai lu l'énoncé et pendant 2h, je me suis retrouvé dans un état de sidération mathématique, une paralysie mentale dont je ne suis sorti qu'en entendant ma mère m'appeler pour passer à table. »

 

Aujourd'hui, d'autant plus dans le poste qu'il exerce, Daniel Pennac prend la mesure de l'importance de l'école avec laquelle il a tant souffert dans son enfance. Il en devient le chantre, le défenseur et fait de l'école le lieu de l'apprentissage de l'avenir, du devenir par excellence :

 

« Le droit de l'enfant, c'est d'être un homme, écrivait Hugo dans Choses Vues ; ce qui fait l'homme c'est la lumière ; ce qui fait la lumière c'est l'instruction. Donc le droit de l'enfant c'est l'instruction gratuite, obligatoire. »

 

En tant que « bon » élève, cette description bienveillante des « mauvais » élèves m'a en quelque sorte désarmé, ne m'autorisant plus à aucune (com)plainte au sujet de ma scolarité. Selon lui, « C'est leur vitesse d'incarnation qui distingue les bons élèves des élèves à problèmes. ». Certes, il parait évident que la position du bon élève est plus facile à porter que celle du mauvais. Pourtant, il ne faut pas croire que la scolarité du premier de la classe est un long fleuve tranquille. L'auteur en fait rapidement référence et cela me rassure. En tout état de cause, le livre est une autobiographie, elle est marquée par l'humour, le regard d'un homme sur sa vie qui se souvient de ce qui l'a construit avec un œil bienveillant.

 

f.loo au tableau

 

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mar.

23

juin

2009

Booky: La société d'indifférence

société d'indifférence alain gérard slama Publié en mars 2009

Voici deux passages de cet essai qui résument mieux que je ne pourrais le faire l'esprit du livre :

Le pourquoi ... « Ce livre est né d'une indignation que certains trouveront peut être excessive, parce que nous sommes entrés dans une époque où l'on ne croit plus guère aux principes »

... du comment : « Il aura suffi de quelques années pour défaire les barrières de la laïcité, de l'égalité de droit, et de la séparation des ordres que plusieurs siècles de réflexion classique avaient élevés contre les tentations normalisatrices des sociétés de masses. On est effrayé de constater avec quelle rapidité le modèle républicain a ainsi régressé dans les esprits. »

 

Ce livre m'a particulièrement marqué car mon état d'esprit actuel et ma réflexion du moment m'ont porté vers les mêmes constatations et les mêmes désolements. Bien entendu, je n'ai pas fait d'analyse aussi poussé et encore moins avec cette plume et ces références. Cependant, il reprend, sans en faire une affaire politique mais plutôt une critique sociologique, les thèses exposées dans les livres Abus de pouvoir de François Bayrou et Vivre Autrement de Corinne Lepage. Il fustige à la fois le court-termisme entrepreuneurial mis en œuvre aujourd'hui ainsi que le reniement culturel de la France et sa perte de valeurs.


« L'indifférence est la première marche qui mène à la destruction des valeurs essentielles de l'humanité » Angela Merkel


Au fil des pages, il dissèque et démontre de façon évidente ce qui me semblait se tramer sans pouvoir l'identifier clairement : les atteintes aux principes de laïcité, d'égalité, l'abandon de toute solidarité et fraternité dans la société, la sollicitation des intérêts particuliers aux détriments de l'intérêt commun, la légitimation de la transgression par le principe d'efficacité (ce qui reste à démontrer), etc...

 

Je me suis procuré ce livre uniquement parce que le titre, « société d'indifférence » me paraissait être un mal ancré dans notre époque mais je ne pensais pas que l'auteur définirait si bien et de façon si complète le ressenti qui m'habite depuis quelques années. En cette période de crise, l'exacerbation de ces phénomènes est indéniable (« L'ordre moral est la tentation de toutes les périodes de crises») et a tendance à enraciner cette situation oppressante.

 

« Pour que la loi soit perçues comme juste, elle doit répondre à 2 exigences : [...] d'être votée en conscience par des individus libérés de toutes appartenances [...] Que la loi s'applique également à chacun sans créer de statut particulier. » Rousseau

 

A mettre entre toutes les mains (et devant tous les yeux)!

 

f.loo populi

 

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sam.

06

juin

2009

Booky: En bas les nuages

en bas les nuages marc dugain Sorti en 01/2009

J'aime beaucoup Marc Dugain. Après la Chambre des Officiers, et surtout la Malédiction d'Edgar, j'apprécie cet auteur qui donne à ces livres une humanité incroyable. C'est dans cet état d'esprit que je me procure En bas les nuages, son dernier livre. Un titre ô combien peu évocateur, et une couverture qui suscitent la curiosité.


On le dit différent. Effectivement, il s'agit de sept histoires censées avoir un lien entre elles. Je n'ai pas trouvé ce lien d'une histoire à la suivante, mais il y a bien une correspondance, une similitude entre elles. Ces nouvelles ont en commun une atmosphère particulière, pesante où le héros ou plutôt l'antihéros au destin promis s'évade vers des pentes glissantes.

 

Comme pour la Malédiction d'Edgar, j'ai eu du mal à rentrer dans le roman. Le problème, c'est que dans le cas de sept nouvelles, j'ai eu sept fois du mal à rentrer dedans ce qui est plus gênant. J'exagère mais certaines histoires sont plus difficiles, plus lourdes, et parfois trop longues. Ce sont des histoires de la vie, avec des espoirs, des désillusions et des thèmes qui reviennent fréquemment tels que l'échec de devenir quelqu'un même si quelque chose nous fait dire qu'on est/naît différent - comme dans Revolutionary Road le film - ou l'écrivain en marge de la société (parle-t-il de lui ?). M. Dugain réussit à instiller une certaine tension ou une pesanteur selon les histoires. Il dépeint avec réalisme ses situations mêlants à nouveau des événements historiques réels à sa romance, ce qui contribue au malaise ambiant. La pesanteur et le réalisme sont sans doute les raisons pour lesquelles l'envie de décrocher nous titille.

 

Le livre est au final prenant malgré les transitions entre les histoires qui sont autant de tentations à l'abandon. Le style du livre est bien écrit (la haute littérature m'est inconnue et celle-ci m'impressionne déjà - mea culpa), les préjugés et situations pré-faites mitigent légèrement l'impression globale. Une œuvre en demi-teinte, pour laquelle un jugement tranché m'est impossible.

 

f.loo en bas sur la terre

 

Mes répliques préférées:

"Je suis toujours fasciné de voir avec quelle précipitation les gens étalent leur vie comme si elle avait un intérêt, ce qui est rarement le cas"

 

"Les grandes incertitudes sont mon lot quotidien, les petites m'exaspèrent."

 

"On ne ment qu'à ceux qui ne sont pas capables d'entendre la vérité ou qui risquent de vous la faire payer très cher."

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sam.

06

juin

2009

Booky: Abus de pouvoir

abus de pouvoir françois bayrou

Encore un essai politique ! Je vous avais prévenu. Et deux livres de deux représentants du Modem en un mois, vous allez penser que c'est trop ou que je suis fan. Certes, c'est beaucoup et certes j'apprécie ce mouvement. Cependant, les raisons qui m'ont poussé à lire ces deux livres sont très différentes. Vivre Autrement de Corinne Lepage est un livre sur l'avenir, sur la possibilité de construire un autre monde fondé sur le respect de l'environnement, des populations actuelles et des générations futures. J'ai beaucoup apprécié cet ouvrage. En ce qui concerne celui de François Bayrou, Abus de pouvoir, il s'agit à la fois de curiosité - mal placée - et d'intérêt.

 

Nous voyons tous, le combat quotidien du Président du Modem contre le Président de la République. Nous pouvons penser qu'il est excessif, qu'il s'agit d'une stratégie électoraliste mais il y a tout de même des portes qu'il entrouvre qui devraient susciter l'interrogation chez le citoyen qui sommeille, et le mot est faible, en nous. Alors je voulais savoir quels éléments, quelles théories ce 3e homme allait présenter. Ce livre avait fait un mini scandale, avant même de sortir, après sa sortie, il avait été qualifié de pamphlet et de livre-brûlot. Il y a en effet une critique du pouvoir en place, cependant le ton n'est pas virulent. Les journalistes, peut être habitués aux fausses dénonciations, aux commentaires lisses se font un monde d'une critique étayée.

 

Pour couper court à tout suspense, si suspense il y avait, l'essai est, selon moi, très réussi :
- la critique du modèle sarkozyste actuel est une explication de texte, documentée par rapport à une vision, celle de F. Bayrou, à laquelle nous pouvons adhérer ou pas.
- les arguments sont pesés, nuancés, les preuves, si besoin, référencées.
- l'écriture est bien maîtrisée, alliant un langage familier, tantôt de d'jeun's, tantôt de terroir, et un langage très soutenu, les mots sont pesés et leurs sens décortiqués afin d'éviter la méprise.

 

F. Bayrou présente son modèle de société, l'idée qu'il se fait de la France, et en quoi le pouvoir actuel est en opposition complète avec lui. Je trouve qu'après lecture, il est plus facile de comprendre pourquoi sa critique semble systématique. Pour lui, les valeurs, les symboles, les idées qui forgent la France, et par extension l'Europe sont plus importants que les programmes. Un système se met en place depuis quelques temps qui détournerait la France de ses idéaux. Chaque chapitre est une caractéristique du nouveau pouvoir décrite au travers de faits précis et l'étonnement voire le dépit guette à chaque nouvelle page.

 

La volonté commune de C. Lepage comme de F. Bayrou de remettre l'argent à la place qui est la sienne, je dirais plutôt de l'enlever de celle qui n'est pas la sienne, la première place, est une vision qui peut ne pas être partagée mais qui me séduit et qui est assez bien soutenu dans ces deux essais/ouvrages. Si Nicolas Sarkozy a bien fait en ne réagissant pas à ce livre - sa réponse se limitant à « Il faut toujours accepter la critique » - afin de ne pas se flinguer lui-même, la sortie de ce livre juste avant les élections européennes était un joli coup à la fois pour le Modem et pour F. Bayrou. En effet, le livre a permis une visibilité au parti et inversement.

 

Les critiques négatives de ce livre s'orientent essentiellement vers l'absence de propositions. Pourtant ce n'était pas l'objet du livre. Il donne des pistes, et pourrait éventuellement faire l'objet d'une suite. Mais le livre de C. Lepage qui est relativement en phase avec celui-ci est une piste plus qu'intéressante de programme. Le reproche d' « obsession de la critique » envers N. Sarkozy n'est pas non plus recevable, puisque cette pseudo obsession est principalement une critique du système et non de la personne, et qu'elle est développée et justifiée.

 

A suivre donc de près l'évolution du modèle, de l'exception française et confirmer ou infirmer les dires de M. Bayrou.

 

f.loo (dés)abusé

 

Les références qui ont fait mouche:

 

Montesquieu : "Il faut être attentif à ne point changer l'esprit général d'une nation."

 

Hanna Arrendt : "La clé de la responsabilité, c'est la conscience. Et la conscience, le lent travail de conscience ne se construit pas sans information."

 

"Ainsi de degré en degré descend la république."

 

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ven.

29

mai

2009

Booky: Vivre autrement

corinne lepage vivre autrement livre développement durable grasset Sorti en avril 2009

Corinne Lepage est vice-présidente du Mouvement Démocrate, avocate et ancienne ministre de l'Environnement du gouvernement Juppé. Elle nous présente dans son essai, Vivre autrement, la possibilité d'une autre vie, d'un mieux-vivre. Un nouveau système issu des crises actuelles (financière, économique, écologique,...) serait envisageable et sans doute bien plus stable. Elle ne fait pas de moralisation. Nous serons poussés au changement. A nous de décider lequel et C. Lepage présente le sien. En grande partie, je partage sa vision.

 

Son livre, formidablement bien documenté, peut être un peu difficile à suivre pour les non-initiés. Il a l'avantage de ne pas être un livre catastrophe. Elle y présente les initiatives possibles dans un ensemble cohérent et plausible. Elle ne nie pas l'urgence écologique qui nous attend mais son propos est porté par une espérance qui est loin d'être naïve.

 

Son constat : « Nous sommes une société de transition. Nous avons à gagner le pari de la raison »
Sa solution : Changer de modèle économique et sociétal. Les techniques pour opérer le changement existent déjà.

 

Elle commence par faire son constat de l'évolution de nos sociétés. Elle présente ensuite les solutions concrètes qui existent aujourd'hui et comment les utiliser pour arriver à ce nouveau monde. Puis elle présente les défis qu'il restera à relever, leur importance, et leurs contraintes. Elle termine par un court scénario de ce qui pourrait se passer : beaucoup plus agréable à lire que les scenarii du Rapport de la CIA !

 

Son analyse peut évidemment être prise comme un programme, mais il s'agit plus d'une vision du monde dans lequel elle voudrait vivre. Elle ne parle pas de retour à l'âge de pierre et ne donne pas de propositions futuristes-surréalistes, elle esquisse une direction pour le monde de demain. La célèbre sentence de Pierre Mendès France « Gouverner, c'est prévoir » pourrait enfin être appliquer. Un livre à conseiller fortement.


Parce que la contradiction, c'est bien : Critique + et Critique -


f.loo a trouvé son nègre-vert

 

 

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mer.

13

mai

2009

Booky: Le nouveau rapport de la CIA - Comment sera le monde en 2025?

rapport cia 2025 adler Sorti en février 2009

Ma première chronique littéraire !

 

Ce n’est pas vraiment une chronique littéraire dans la mesure où il s’agit du Nouveau Rapport de la CIA - Comment sera le monde en 2025? préfacé par Alexandre Adler.

 

Je partais avec un a priori assez positif. Il s’agit typiquement du type de livre que j’aime lire a priori : de la géopolitique, des analyses, des stratégies, un titre et une couleur qui font peur et attirent l’œil. Pour autant, ce livre a été un vrai calvaire à lire ! J’ai vraiment eu du mal à arriver jusqu’au bout. Il y a énormément de redondances, les scenarii du monde de demain sont exagérés à l’extrême volontairement, l’écriture est aussi barbante que certains documentaires d’Arte… Le thème est intéressant, la mise en forme est soporifique.

 

On est soulagé de savoir que les services des renseignements américains sont parés à toutes éventualités, que les Etats-Unis sont un pays ouvert (ils ont fait, pour cette dernière édition, appel à des intellectuels d’autres nationalités/cultures/…) et qu’il y a finalement peu de chance que survienne une IIIe Guerre Mondiale sur notre continent.

 

En tout état de cause, je ne pense pas que je lirais le prochain rapport dans 5 ans.

 

f.loo

 

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